Fête des Fraises
les 2 et 3 mai 2009

La Fête des fraises et des saveurs du terroir… contre vents et marées !

Après moult rebondissements, l’une des manifestations les plus symboliques de Carros a dû être transférée au M.I.N. de Nice. Mais les organisateurs n’ont pas perdu leur enthousiasme…

Le pari était osé, pour ne pas dire risqué. Mais malgré toutes les difficultés et les revirements de situations de dernière minute, la Fête des fraises et des saveurs du terroir a bel et bien eu lieu. Et le public ne l’a pas boudée ! C’est donc sur le site du Marché d’Intérêt National de Nice (voir encadré) que la fraise du canton de Carros a distillé ses saveurs.
Certes, la manifestation fut amputée de la soirée jeunes, de la soupe au pistou et des animations prévues avec différentes associations locales. Mais le grand étal de fraises et les nombreux stands des produits du terroir (fromages, miel, vin, charcuterie, huiles d’olives, fleurs…) étaient bien présents.

Plus de 4 tonnes de fraises écoulées !

« Vu les circonstances, on ne s’y attendait pas forcément, mais les producteurs ont écoulé 4 tonnes de fraises pendant le week-end ! C’est beaucoup plus que ce que nous avions prévu, se réjouissait Jean-Pierre Clerissi, président du syndicat agricole des Coteaux d’Azur, au lendemain de la manifestation. Malgré sa délocalisation de dernière minute, la fête a attiré beaucoup de monde. Des Carrossois, des habitués… Mais aussi un public nouveau, qui ne connaissait pas forcément cette manifestation. Les visiteurs ont aimé cette ambiance, cette convivialité et ce mélange entre vente de fraises, saveurs du terroir et animaux de la ferme pour les enfants. »

Un « show culinaire »

Les animations culinaires ont quant à elles été maintenues. Ainsi, le chef de la Bastide Saint-Antoine, Jacques Chibois, est venu partager un savoir-faire qui lui a valu d’être doublement étoilé au guide Michelin. Le lendemain, ce sont les « Toques Brûlées » qui ont fait leur « show culinaire » au cours de l’apéritif d’honneur. Une animation haute en couleur, préparée à l’initiative de Didier Barbier, du restaurant Le Crystal d’Or, qui a permis au public de découvrir des verrines très tendances, notamment à base de mets provençaux, des amuse-bouches revisités… Mais surtout de la cuisine moléculaire à l’azote liquide !
A l’heure des discours, les sourires étaient donc sur toutes les lèvres. Et les remerciements avaient cette année une saveur toute particulière. Du comité des fêtes et syndicat agricole aux producteurs et exposants, en passant par les services municipaux, l’investissement collectif autour de cette manifestation fut mis à l’honneur. La première édition de la « Fête des fraises et des saveurs du terroir » aura été mouvementée, mais elle semble promise à un bel avenir…

 

Pourquoi la Fête des fraises s’est-elle déroulée au M.I.N ?

Cette année, la traditionnelle « Fête des fraises » est devenue la « Fête des fraises et des saveurs du terroir ». Derrière cette appellation, les organisateurs souhaitaient donner une nouvelle orientation à l’une des manifestations les plus symboliques de la commune. Parmi les priorités : davantage de produits et de saveurs issus du terroir et donc… moins de manèges et de marchands forains.
Malheureusement, ces derniers ne l’ont pas entendu de cette oreille. Présents sur la manifestation depuis plusieurs années, les forains n’ont pas accepté la décision du comité des fêtes et du syndicat agricole. Et c’est par des moyens illégaux qu’ils l’ont fait savoir !
Ainsi, à l’heure où la fête devait se préparer sur la place Louis-Frescolini, ils ont investi les lieux sans autorisation, en causant des dégradations. Devant leur refus de se retirer et même d’accepter des négociations, le maire prenait alors un arrêté d’annulation de la Fête des fraises. Motif : « Les conditions de sécurité nécessaires à l’organisation d’un tel événement ne sont pas respectées. » Face à ce climat particulièrement tendu, la commune décidait également d’annuler la soupe au pistou, craignant des répercussions du mouvement à la salle ECOVIE. D’autant plus que le président du comité des fêtes fut physiquement pris à parti et les policiers municipaux malmenés !
Chez les organisateurs, la déception laissait rapidement place à la détermination. C’est ainsi que la décision fut prise de demander une autorisation exceptionnelle à la SOMINICE, gestionnaire du Marché d’Intérêt National de Nice, d’accueillir les producteurs et exposants. Les relations cordiales entre Joseph Calza, président de la SOMINICE, et Jean-Pierre Clerissi, président du syndicat agricole des Coteaux d’Azur, ont donc permis ce transfert express vers le M.I.N. La mobilisation du comité des fêtes et des services municipaux fut alors exemplaire. Elle permit de déplacer la fête de Carros à Nice en tout juste une journée ! Montage du chapiteau, installation des stands, déplacement de la logistique et nouvelle campagne de communication. Tout fut mis en œuvre pour « sauver » la Fête des fraises.

De leur côté, la commune, la police municipale, le comité des fêtes et le syndicat agricole ont décidé de lancer des procédures judiciaires envers les forains contrevenants, notamment pour violences, dégradations et occupation abusive d’un lieu public. Des dommages et intérêts ont également été demandés pour le préjudice infligé. Les forains impliqués pourraient, en outre, être poursuivis pour avoir ralenti volontairement la circulation au niveau du pont de la Manda en signe de mécontentement.