Carros terre de valeur, de partage et d'innovation

« Notre politique en matière de développement économique n’a de sens que si elle a un impact social positif sur la population. » C’est par ces quelques mots que Philippe Norigeon a tenu à introduire le dossier sur le développement économique dans le cadre de la série que Carros Infos consacre au bilan de mandat. La réalisation du projet d’espace collaboratif économique (E.COL.E), l’ouverture prochaine d’un Arti Lab, d’un village d’artisans et d’une résidence d’artistes sur la Zac de la Grave, tout comme le développement de l’agriculture, notamment sur les terrains de l’Évêché et des Plans de Carros, concourent à une même logique : répondre aux attentes, aux demandes et plus globalement aux inspirations de celles et ceux qui ont envie de donner du sens à leur vie professionnelle.
Nous connaissons tous les ravages du chômage, sur les jeunes comme sur les moins jeunes, mais aussi sur les familles, avec les difficultés, les souffrances personnelles et familiales engendrées. «Notre projet de développement économique a pour objectif de favoriser le retour à l’emploi ou la création d’une activité entrepreneuriale indépendante, détaille le premier adjoint. Il peut s’agir de compléter ses revenus, de permettre aux jeunes de rentrer dans la vie active ou de changer de cap, de les aider à retrouver une place parmi les «actifs». Pour moi, c’est cela le sens du développement économique : vivre grâce à son travail, son savoir faire, ses compétences.»
Depuis 2014, Charles Scibetta, Philippe Norigeon et toute l’équipe de la direction du développement économique, dirigée par Daniel Constantin, travaillent donc pour offrir aux Carrossois, quels que soient leur âge, leur niveau d’étude ou leur expérience, l’opportunité de transformer leurs idées en projet, puis leur projet en réalisation concrète. Et comme le souligne avec justesse Philippe Norigeon : « Ce que nous mettons en place aujourd’hui en matière de développement économique, ce sont les générations actuelles mais aussi les générations futures qui en bénéficieront. »

 

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Économie collaborative.

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E.COL.E : un vrai projet collectif
Lorsqu’on parle d’entrepreneuriat, on pense souvent aux grosses entreprises, voire aux PME. Mais le monde et les modèles économiques ont changé, notamment ces dernières années. Une évolution qui a fait émerger l’entrepreneuriat individuel ou indépendant. « Nous avons souligné les difficultés économiques et sociales que peut engendrer une période de chômage, explique Philippe Norigeon. Notre politique de développement économique doit pouvoir répondre aux attentes de tous. Il faut notamment pouvoir apporter une réponse différente à notre jeunesse qui, professionnellement, est en recherche d’autonomie, d’indépendance. Notre jeunesse est dans une recherche de sens, y compris dans sa vie professionnelle et ses projets. Ce constat est un fondement de notre politique de développement économique, et par conséquent au coeur du projet d’espace collaboratif économique (E.COL.E). » Un lieu que le premier adjoint espère voir les Carrossois s’approprier : « Chacun doit y avoir sa place. Ce projet doit devenir la propriété des habitants. Les bâtiments, locaux et matériels seront prêts en début d’année 2019 mais l’âme, la vie, la communauité de projets sont à construire par vous et pour vous. »
Au rez-de-chaussée, l’espace « convivialité-vivre ensemble » est un véritable lieu de partage où seront organisés des événements économiques et artistiques. Mais plus globalement, on peut s’y rencontrer, échanger, débattre, voire partager un moment de vie, un repas, des idées, un projet, des difficultés, des conseils d’experts... Le bâtiment répond à une certaine logique : plus on monte dans les étages, plus le projet devient concret, avec notamment un espace de co-working (travail en lieu d’échanges), un atelier de montage et de réalisation audio-vidéo, des bureaux pour les porteurs de projets, de petits ateliers de production pour créer de l’emploi local... Au dernier étage seront réunies des entreprises ayant leur bureau à l’année ainsi que le service développement économique.
« L’objectif est de valoriser les compétences et le savoir-faire de chacun, résume Philippe Norigeon. Nous sommes persuadés qu’un nouveau modèle économique, basé sur l’initiative et le partage, peut réussir et créer de la richesse. Et dans ce modèle économique, tout le monde peut avoir sa place. Carros doit être une terre de valeurs, de partage et d’innovation. » Pour mener à bien cette politique dynamique et innovante en matière de développement économique, Carros dispose de nombreux atouts pour réussir : la plus grande zone industrielle du département, un riche patrimoine, des projets de relance de l’agriculture, mais aussi… le foncier permettant de concrétiser ces projets économiques. « Nous avons fait le choix de développer notre patrimoine par le développement économique pour les Carrossoises et les Carrossois, détaille le premier adjoint. Ces projets forts et structurants pour notre commune doivent profiter aux Carrossois aujourd’hui et à ceux des générations futures. » Outre la création de l’E.COL.E, la commune a également concrétisé son projet d’Arti Lab sur la Zac de la Grave (voir par ailleurs) et travaille sur la création d’un village d’artisans et d’une résidence d’artistes. « De l’émergence d’une idée à la création d’un prototype en passant par la mise en place du projet économique jusqu’à l’installation réelle de l’entreprise dans son activité, nous pourrons désormais couvrir tout le cycle de vie d’un projet entrepreneurial sur un même territoire, le nôtre, conclut Philippe Norigeon. C’est pour nous, Carrossoises et Carrossois, une véritable chance. »

 

ARTI LAB.

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De la théorie à la pratique… en mutualisant les moyens !

L’ouverture de la structure est prévue en début d’année 2019. L’Arti Lab implanté au cœur de la zone d’activités de la Grave s’étendra sur environ 4000 m² et disposera de machines de production dernier cri : découpe laser, fraiseuse numérique, imprimante 3D… avec tous les outils informatiques associés. Ce projet d’atelier mutualisé est le fruit d’un partenariat avec la Chambre de métiers et de l’artisanat de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. « L’objectif est par exemple qu’une petite entreprise qui n’a pas les moyens de s’équiper avec ce genre de machines très coûteuses puisse les utiliser pour son activité, détaille Philippe Norigeon. L’Arti Lab sera également accessible pour les artisans ou les porteurs de projets. Ils auront l’opportunité de passer de la théorie à la pratique en réalisant des prototypes. Ce que la plupart d’entre eux n’auraient jamais pu financer. La mutualisation du matériel de production entre parfaitement dans le cadre de notre politique de développement économique basée sur la collaboration et le partage. D’ailleurs, dans cet Arti Lab, on partagera bien plus que des machines. On y partagera des expériences, des conseils, mais aussi des galères et des réussites. C’est tout l’intérêt de ces structures. »

 

 

Projet.

Bientôt un village d’artisans

Sur un terrain d’environ 4 ha, la ville a pour projet la création d’un village d’artisans sous la forme de petits modules fonctionnels (100, 150, 200 m2) dédiés au démarrage d’activités des artisans locaux. La réglementation de la zone industrielle interdisant toute activité commerciale pour préserver, à juste titre, la vocation industrielle de la ZI de Carros, il s’agira très spécifiquement de proposer des produits et services issus directement de l’artisanat local, dont la valeur ajoutée résulte du savoir faire, des compétences et de l’ancrage local des acteurs et des produits ou services proposés. « Les cartes à jouer sont celles de la complémentarité avec les entreprises de la zone industrielle de Carros et les commerces locaux, mais aussi de l’ouverture de l’économie sur l’extérieur, explique Philippe Norigeon. Le but est de créer du lien, de renforcer la coopération et la mise en réseaux entre les acteurs économiques. On ne peut plus réussir seul dans son coin ! » Toujours sur le site de la Grave, une résidence d’artistes devrait faire son apparition afin de prolonger et renforcer le lien tissé entre le monde de l’entreprise et celui de l’art. Ce village naîtra autour d’Arti Lab, qui en sera le coeur déjà très actif.

   

Agriculture.

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Un projet de développement économique ouvert aux initiatives agricoles
À travers notamment la création d’un laboratoire de transformation de produits locaux installé dans l’espace collaboratif économique et l’organisation future d’événements autour de l’agriculture, la commune prouve bel et bien que son projet de développement économique est ouvert aux initiatives agricoles. On pense notamment au groupement agricole d’exploitation en commun La Cavagne et ses deux agriculteurs Nicolas Lassauque et Raphaël Balestra, au projet d’agrotourisme de Pierre et Anne Magnani sur les terrains de l’Évêché, au développement de l’oléiculture, de l’apiculture ou encore du pastoralisme sur la commune grâce à différents projets initiés ou accompagnés par le maire, Charles Scibetta, et son adjointe déléguée à l’agriculture, Esther Aimé. Dans les années à venir, la commune a également la volonté de relancer et promouvoir la fraise de Carros ainsi que de renouer avec son passé vinicole. « Dans notre politique de relance de l’agriculture, nous avons l’ambition de voir émerger des produits 100% carrossois, souligne Philippe Norigeon. Les agriculteurs sont donc tout naturellement partie prenante dans notre projet global de développement économique. »

 

 

 

 

 

 

Aliances.

l’indispensable partenaire

Lorsque la ville a décidé de lancer les « grandes manœuvres » dans sa politique de développement économique, il est rapidement apparu comme une évidence de s’appuyer sur un partenaire privilégié pouvant assurer la gestion et l’exploitation des sites dédiés. En avril 2017, l’association Aliances (association locale d’initiative et d’accompagnement aux nouvelles coopérations économiques et sociales) a donc été créée dans cette perspective. Ce véritable « pôle entrepreneurial » au service de la création et du développement des entreprises associe les principes de l’économie sociale et solidaire (valeurs de partage) aux pratiques de l’économie collaborative et à la capacité d’innovation dans une approche globale et cohérente sur quatre filières principales : agricole, culturelle, industrielle et artisanale. Autrement dit, la ville de Carros et Aliances avancent main dans la main pour faire vivre au quotidien les grands projets de développement économiques.
Les partenaires financiers : État, région Provence-Alpes-Côte d’Azur, métropole Nice Côte d’Azur.
Les partenaires institutionnels et associatifs : Chambre de commerce et d’industrie Nice Côte d’Azur, Chambre de métiers et de l’artisanat, Pôle Emploi, Acticop, Association pour le droit à l’initiative économique, BGE Côte d’Azur, CEEI Nice Côte d’Azur, La Couveuse 06, France Active, Initiative Côte d’Azur, Institut régional pour la création et le développement des entreprises (IRCE), Mozeika, L’ouvre-boîte, Petra Patrimonia, Positive Planet, Reflets conseil et formation, Réseau entreprendre Côte d’Azur, université Nice Côte d’Azur (Pépite Paca Est), La fabrique à entreprendre, Cap Emploi, CFA métropole Nice Côte d’Azur.

 

Commerce.

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Un commerce en voie de dynamisation
Sous la houlette de Nathalie Damiano, adjointe déléguée au commerce et à l’artisanat, la municipalité a pris l’initiative depuis 2014 de relancer le commerce carrossois. Une politique volontariste qui s’est déclinée autour de plusieurs axes. « Monsieur le maire s’est beaucoup investi dans le dossier de la succession du Dia, souligne l’élue. Si Casino a ouvert ses portes avec son concept novateur, nous le devons en grande partie à la persévérance de Charles Scibetta. Même s’il ne s’agissait pas d’une compétence de la municipalité, il nous semblait inconcevable de ne pas avoir d’enseigne alimentaire digne de ce nom en centre-ville. L’ouverture de Casino a été une bouffée d’oxygène. Cette enseigne doit jouer ce rôle de locomotive pour le commerce local. » Toujours dans sa volonté de dynamiser les différents secteurs de la commune, la municipalité a fait le choix ambitieux de racheter les locaux de l’ancien bar-restaurant Le Capricorne sur la rue de la Beilouno – vendus à un prix très attractif par l’ancienne propriétaire désireuse de soutenir la relance du commerce local – et d’y effectuer des travaux de rénovation, d’électricité, d’accessibilité et de mise aux normes. C’est un couple de Carrossois, Florence et Thomas Ligneul, qui a pris la gérance de l’établissement en ouvrant le bar-restaurant Chez Tom et Flo.
CAP Carros et plan Fisac pour booster le commerce
Mais au-delà de ces actions spécifiques, la ville de Carros a également apporté tout son soutien à la nouvelle association des artisans, commerçants et professions libérales CAP Carros, créée il y a un peu plus d’un an et présidée par Marie-Hélène Piroud. Celle-ci a pour objectif de réunir les commerçants carrossois autour d’initiatives communes et l’organisation de manifestations. « Une association de commerçants est indispensable pour fédérer, pour échanger les idées et les projets, approuve Nathalie Damiano. Aujourd’hui, CAP Carros a trouvé son rythme de croisière et nous souhaitons l’accompagner dans ses initiatives. Nous entretenons en outre d’excellents rapports avec la Chambre de commerce et d’industrie, qui assure des formations auprès de nos commerçants. »
Enfin, la municipalité accompagne la mise en place d’actions ou de travaux permettant d’améliorer l’attractivité commerciale. Ce fut notamment le cas pour l’extension de la zone bleue aux abords des commerces ou encore pour le projet de cartes de fidélité à utiliser chez les commerçants initié par CAP Carros. La commune est en outre inscrite dans le dispositif du plan Fisac (fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce) avec plusieurs actions d’ores et déjà envisagées : animations commerciales, développement des supports de communication, aides directes à la rénovation des vitrines et locaux commerciaux, signalétique commerciale ou encore création d’un service de livraison lié à une conciergerie de proximité.

Emploi.

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La Maison de l’emploi et de l’entreprise joue son rôle
Mettre en adéquation l’offre et la demande. Telle est la mission première de la Maison de l’emploi et de l’entreprise (MEE), un service municipal qui a depuis quelques années trouvé un second souffle. Localisés dans les locaux du centre de formation des apprentis (CFA), les bureaux de la MEE accueillent les personnes en recherche d’emploi, de formation ou de réorientation professionnelle. Elles sont reçues et suivies par Myriam Jean-Druon, la référente conseil, qui met tout en œuvre pour les aider dans leur démarche. Preuve du dynamisme retrouvé de la MEE, 2397 accueils physiques ont été comptabilisés cette année entre le 1er janvier et le 31 octobre, soit 155 de plus qu’en 2017 pour la même période. En tout, ce sont 111 personnes qui sont suivies, dont 90 Carrossois. Un accompagnement individualisé qui porte ses fruits puisque sur ces 111 personnes, 33 sont désormais en CDI, 19 en CDD, CUI ou CAE longue durée et 9 en CDD ou mission temporaire courte durée. D’autres sont en formation voire en phase de création d’entreprise.
« J’ai contacté la maison de l’emploi et de l’entreprise pour m’aider dans ma recherche de travail, témoigne une jeune femme de 39 ans suivie par la MEE. J’ai envoyé un courriel accompagné de mon CV à la référente, qui m’a répondue très rapidement en me proposant un rendez-vous pour parler de mon parcours professionnel. Au cours de cet entretien, j’ai senti que j’allais recevoir beaucoup de soutien, de conseil et d’aide à travers ce service. Par la suite, nous avons amélioré la présentation de mon CV, l’avons publié sur le site de Pôle Emploi et envoyé à différentes entreprises. La semaine d’après, j’étais embauchée par l’entreprise dans laquelle je me trouve aujourd’hui en CDI. » Autre démarche mais satisfaction identique pour Jean-Michel Bindel, accompagné dans son projet professionnel : « Je travaille actuellement sur la création d’un projet industriel et je me rends très régulièrement à la MEE. En dehors de la mise à disposition de matériel informatique, je bénéficie des conseils et de l’assistance du PLIE dans mes démarches et mes contacts. Les compétences professionnelles, l’écoute et la disponibilité de l’équipe de la Maison de l’emploi et de l’entreprise sont très motivantes et me font progresser. » Au-delà du suivi des demandeurs d’emploi, la MEE organise ou participe à des réunions et des sessions de recrutement avec ses différents partenaires et les entreprises en recherche de personnel. Elle travaille également en étroite collaboration avec la Mission locale communautaire (insertion sociale et professionnelle pour les jeunes de 16 à 25 ans non scolarisés) et le plan local pour l’insertion et l’emploi (personnes de plus de 26 ans résidant sur la métropole Nice Côte d’Azur).